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GLAESER Ernst « La Paix » 

 

Paris, Les Éditions Rieder « Collection Europe », 1931, in-12, 384 pp., broché.

 

Coins des plats cornés, plis de lecture sur le dos, pages non coupées et non rognées, intérieur bien frais.

 

Édition originale, l’un des 10 exemplaires sur Japon des Manufactures Impériales dont 5 hors commerce (N° I), premier grand papier.

 

 

[Ernst Glaeser (1902-1963) est un écrivain allemand.

Opposant de la première heure au nazisme, passé par le communisme, exilé en Suisse dès 1933, ses livres brûlés dans les autodafés du docteur Goebbels, il figurait parmi les grandes figures de l’opposition démocratique allemande.

 

C’est dans ce contexte qu’il écrivit Le dernier civil, roman provincial retraçant la montée du nazisme dans une ville imaginaire d’Allemagne du sud, Siebenwasser, entre 1927 et 1933. Ce roman clôt, en quelque sorte, la partie émergée de la carrière de Glaeser, composée de deux autres romans, Classe 22 et La paix.

 

En 1939, tiraillé par son patriotisme, sans guère de ressources pour financer son exil, il prit le chemin du retour et devint rédacteur des journaux de la Wehrmacht, puis du Gouvernement Général de Pologne. Ce revirement, assimilé à une trahison par tous les exilés (Döblin, les frères Mann,…), détruisit la carrière et la réputation de l’écrivain.

 

Après-guerre, malgré ses tentatives de justification, il ne redevint jamais l’auteur écouté qu’il avait pu être pendant les années de l’entre-deux guerres. C’est la raison majeure de l’oubli dont il fait l’objet de nos jours. Néanmoins, son Dernier civil devrait figurer dans toute bonne anthologie des romans allemands de la période. Autour du thème de l’exilé qui revient dans sa patrie, il retrace avec une grande finesse la progressive montée en puissance de l’idéologie nazie dans les classes moyennes et populaires.

 

En Allemagne, à la fin de la guerre de 1914-1918, matelots, soldats et travailleurs s'insurgèrent contre un régime qui les avait livrés pendant quatre ans à l'enfer des tranchées. Dans tout le pays, des comités de soldats et d'ouvriers se créèrent. Cette révolution chassa l'empereur - le Kaiser - et institua la république. Mais très vite, la révolution politique se transforma en tentative de révolution sociale.

 

La Paix est le récit de ces événements, tels qu'ils se déroulent dans une petite ville allemande.

Le roman s'ouvre avec la chute de l'empereur. Le narrateur, un lycéen de seize ans qui veut tout comprendre, croise divers personnages qui sont autant de reflets de cette Allemagne en révolution : le militant révolutionnaire spartakiste Adalbert König, dévoué à la cause de l'émancipation ouvrière, l'avocat Hoffman, politicien roué, partisan de la république bourgeoise que la social-démocratie met en place après l'effondrement de l'empire allemand, l'industriel Ziel enrichi par la guerre, le chef comptable Klein respectueux de l'empereur et de la hiérarchie, l'intellectuel individualiste Max Frey, aussi prompt à suivre la révolution qu'à l'abandonner à la première difficulté.

Les personnages du roman d'Ernst Glaeser ne sont ni à la tête de la révolution ni au cœur du foyer révolutionnaire. Ils en sont les protagonistes. Et l'auteur nous fait vivre au jour le jour, les joies, les haines ou les désespoirs de ceux qui furent entraînés par le mouvement révolutionnaire ou, au contraire, les sentiments des réactionnaires, des nationalistes, des possédants, des officiers supérieurs, de ceux qui étaient viscéralement hostiles à tous ceux qui se révoltaient.

À travers ce roman, le lecteur français découvrira une partie largement méconnue de l'histoire du peuple allemand. La Paix fut écrit en 1929. Sa traduction connut un grand succès en France dans les années trente. Quelques années plus tard, les nazis arrivés au pouvoir livraient les romans d'Ernst Glaeser au bûcher.

 

Source : Babelio]

GLAESER Ernst « La Paix » - Exemplaire sur Japon

SKU : Réf.612
300,00€Prix
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